mercredi 30 juillet 2014

The Rolling Stones : I can't get no Satisfaction (1965)







Dans les années 60 seuls 10% d’une classe d’âge entrait en sixième. Pour les autres il y avait les classes de Fin d'Etudes Primaires qui ont officiellement existé jusqu'à la fin de cette même décennie. Puis la fin d’Etudes Orientés pour les plus brillants.
 Dans le fond de la cour de récréation, vis-à-vis de la façade austère de l’établissement de briques se trouvaient deux classes préfabriqués qu’un couloir garni de patères séparait. Face à la rigueur de l’hiver, elles étaient chauffées par de gros poêles autour desquels nous ronronnions en regardant tomber les feuilles, la pluie et la neige au-delà des vitres sales. Il y avait aussi les ateliers bois et fer, en retrait dans un espace clos, afin d’encourager d’éventuelles conversions futures vers le monde ouvrier. Deux fois par semaine nous apprivoisions perceuses, ponceuses, fraiseuses, marteaux, varlopes. Pinder n’aurait pas voulu de moi, je ne domptais rien, ou si peu. Marto et Copo, toujours la maïs au bords des lèvres, n’étaient pas de mauvais bougres. En général nous ne leur demandions rien tant ils puaient du bec, mais ils aidaient de leur mieux ceux qu’ils ne voulaient pas voir finir dans la rue ou en prison.
 C’est en cet endroit qu’on nous a traîné jusqu’à nos seize ans. Les Beatles régnaient toujours en maître. Guy Mardel finissait 3ème à l’Eurovision avec «’avoue jamais » que remportait France Gall avec «Poupée de cire Poupée de son », deux 45t que ma cousine Annie passa tout l’été sur son pick-up que nous passions au grenier ou au Pioch’ parmi les vignes. Et moi, après m’être abruti des jours durant aux pieds d’une dinde folle raide de « Capri c’est fini », j’ai fini par glisser sur le Teppaz ce qui résumait assez bien bien mon année 1965.



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