vendredi 30 avril 2010

Mozart sur un petit nuage rose

Voici une belle réédition en coffret de 6 CD à moins de 40 euros.
Dans les années 80, le pianiste Friedrich Gulda s’était aménagé un domicile de vacances et de travail à l’Hotel Zur Post à Weibenbach am Attersee. Le salon abritait un Böseldorfer Imperial que Friedrich Gulda appréciait beaucoup. L’hôtel n’ouvrait que durant la période d’été. Le reste du temps, ce lieu de silence était propice à des séances de piano. Gulda jouait pour lui-même. Un magnéto à cassettes enregistrait les sonates mais n’était destiné qu’à contrôler son travail. Bien plus tard, ces bandes furent offertes à l’ingénieur du son, présent lors des séances à l’Hotel Zur Post. Sa veuve en découvrit des copies et les remis au fils de Gulda. Il se souvient non sans émotion de ses périodes des vacances au bord de l’Attersee. La fenêtre ouverte du salon donnait sur le lac. Son père jouait de neuf heures à midi quatre à cinq sonates comme s’il les donnait en récital. Vingt-cinq ans plus tard il le voit encore l’inviter du regard à entrer et écouter. Récemment il a fait connaissance d’une femme qui faisait chaque jour un détour pour passer devant la fenêtre et voler ses instants magiques en oubliant le temps et l’heure. Friedrich Gulda est décédé en 2000. Restent ces documents bruts à la sonorité sèche mais qui dégagent une saisissante atmosphère intime du cycle incomplet des sonates de Mozart. Ecoutez. Friedrich Gulda est dans votre salon et joue pour vous du Mozart sur un petit nuage rose.

jeudi 29 avril 2010

Stacey Kent, Raconte-moi (2010)

Raconte-moi… est un pari audacieux. Si la belle Américaine maîtrise la langue de Molière, elle a grandi en écoutant Cole Porter, Duke Ellington, Sinatra ou Neil Young. En revanche, elle est moins familière de la chanson française. Sa maison de disques l'a aidée à faire son choix. Au fil des douze morceaux de Raconte-moi... - à la fois des reprises et des compositions originales de jeunes auteurs et compositeurs français, comme Claire Denamur ou Émilie Satt -, la chanteuse revisite ainsi Jardin d'hiver de Benjamin Biolay et Keren Ann, Les Vacances au bord de la mer de Michel Jonasz.

mercredi 28 avril 2010

Akira Kurosawa

"S'il fallait trouver un terme résumant la vie et l'oeuvre d'Akira Kurosawa, le mot qui vient à l'esprit est "humanisme". Pour le reste, ses films frappent par leur diversité : parmi les 31 films qu'il a réalisé entre 1943 et 1993.
Tout en étant profondément japonais, ses films frappent par leur universalité : les thèmes abordés, le traitement des personnages… impressionnent même à des milliers de kilomètres du Japon.
Si vous ne connaissez pas encore les films du maître, attention : il suffit souvent d'en regarder un pour devenir dépendant...

mardi 27 avril 2010

Sharon Jones & The Dap-Kings

À chaque nouvel album, la lenteur gagne un peu plus Sharon Jones et ses Dap-Kings. Tirée il y a quelques années de sa préretraite par les virtuoses de New York, la chanteuse adopte ici des contours très soul, vraiment soul. Rien de kitsch dans tout ça, on se situe dans le haut de gamme, avec des compositions classieuses. Sharon Jones réussit un exercice tout en retenue, moins Tina Turner que Marlena Shaw. Il y a aussi, dans ce disque, une envie d'ailleurs, une tentation afro-caribéenne, comme dans le chaloupé Better Things To Do, nourrit au steel band. (Josué Jean-Bart)

dimanche 25 avril 2010

Une petite MG

. Ne confiez jamais vos états d'âmes à de jeunes esprits, ils seront impitoyables. Premièrement, sachez que tout en écoutant Brel et Brassens, ils ont beaucoup de mal à comprendre que vous écoutiez encore les Beatles. Deuxièmement si vous avez un pote qui possède une MG de collection, surtout n'en dites rien sous peine de les voir se gausser comme s'il s'agissait du carrosse de Louis XVI lors de la fuite à Varennes. Si d'aventure vous n'avez su vous taire et avez quand même évoqué la MG de votre copain, devant leur mine déconfite, vous avez tenté de leur rafraîchir la mémoire en fredonnant "Nouvelle Vague" de Richard Anthony, ils seront mordants et assassins avec vos souvenirs et vous raccompagneront illico expresso à la maison de retraite.

samedi 24 avril 2010

Jean Giono, les vraies richesses (1937)

Que ma joie demeure, qui paraît en 1935, est une étape marquante dans le cheminement de l'auteur. Le bonheur, la vie communautaire heureuse, se heurtent ici aux désirs de l'homme, à ses passions. Le pessimisme fait son entrée dans l'œuvre. Le roman est cependant très bien reçu par le public et aura un impact profond, en particulier chez la jeunesse; c'est un livre qui consolidera l'image d'un Giono sorte de prophète, et qui contribuera au développement de ce que certains appelleront ensuite le gionisme, phénomène qui va prendre de l'ampleur dans les années qui suivent, jusqu'à l'irruption de la deuxième Guerre mondiale. Les vraies richesses, qui fait suite à Que ma joie demeure, est un essai contre la vie citadine et l'ère du machinisme , vantant la nature, ses cycles, ses joies. L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les "racines". Giono, visionnaire et virtuose du sacré, rejoint vite, d'un bel élan amoureux, ses chemins de traverse provençaux, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves.
"La joie que j'ai dans mon cœur (comme celle que Bobi, personnage de Que ma joie demeure a dans son cœur) je la touche et je la perds dans le même instant parce que je ne peux pas la partager avec tous. Qu'on m'accuse alors d'avoir trouvé une joie plus terrible que délicieuse, j'en suis fier. Mes délices demeureront quand ils seront communs. Mais quand la misère m'assiège ... Et elle est partout dans le monde, mêlée à une sorte de folie. Les hommes ont créé une planète nouvelle: la planète de la misère et du malheur des corps. Ils ont déserté la terre. Ils ne veulent plus ni fruits, ni blé, ni liberté, ni joie. Ils ne veulent plus que ce qu'ils inventent et fabriquent eux-mêmes. Ils ont des morceaux de papier qu'ils appellent argent. Pour avoir un plus grand nombre de ces morceaux de papier ils décident subitement de faire abattre et d'enterrer cent soixante mille vaches parmi les plus fortes laitières. Ils décident d'arracher la vigne car, si on ne l'arrachait pas, le vin serait trop bon marché, c'est-à-dire ne pourrait plus produire des morceaux de papier en assez grand nombre. A choisir entre les morceaux de papier et le vin, ils choisissent les morceaux de papier. Ils brûlent le café, ils brûlent le lin, ils brûlent le chanvre, ils brûlent le coton. Devant l'énorme bûcher de coton, des chômeurs de l'Illinois viennent: «Laissez-nous emplir des matelas, disent-ils, nous couchons sur la terre, nous ne mangeons presque pas. Nous pourrons au moins dormir. » On leur dit: «Non, le coton est en trop. » Ils répondent: « Pas en trop puisque ce coton nous manque. Il nous donnerait des joies, je vous assure,. enfin, des joies c'est beaucoup dire, mais il adoucirait notre misère, il nous permettrait de dormir au souple quand nous n'avons pas assez mangé. » On leur répond: «Non, non, vous n'y entendez rien. Il ne s'agit pas de vous. Ce coton est en trop car, s'il continuait à exister, le prix du coton baisserait et nous, les producteurs de coton, nous aurions un peu moins de petits morceaux de papier. Tout est là, toute la question est là et nous ne serons tranquilles que lorsque ce coton sera devenu de la fumée. Ecartez-vous. » Quand les récoltes sont abondantes, on se lamente: nous avons trop de pêches, nous avons trop de poires, nous avons trop de vin, nous avons trop de blé, trop de pommes de terre, trop de betteraves, trop de choux, trop d'artichauts, d'épinards, de fèves, de lentilles, de haricots. La terre qui continue ses anciennes gloires épaissit-elle la semence des animaux: nous avons trop de vaches, trop de bœufs, trop de porcs, trop de moutons, trop de chevaux, trop de chèvres. Le cortège des bêtes splendides marche à travers les vergers couverts de fleurs,. les champs de graminées caressent doucement le ventre des bœufs. L'homme tremble. L'immense terreur collective ébranle la société,. nos morceaux de papier, nos morceaux de papier! Gouvernements, ministres, députés, rois, empereurs, lois, lois, lois humaines au secours! Nous avons trop de tout, vite, vite, mettons le feu aux champs, éreintons le verger à coups de hache, tuons les vaches, les porcs, les moutons pendant la nuit à coups de couteau dans le ventre, à coups de serpe sur la tête, fauchant à la faux les pattes grêles des troupeaux, et, si ça ne va pas assez vite, canons, canons, canons !
Que la rareté revienne! Que la terre soit un désert, pour que je puisse vendre très cher ce petit mouton solitaire, cette petite pêche, à peine deux bouchées. Vous avez faim? Tant mieux, vous me donnerez un peu plus de morceaux de papier! Si je pouvais arrêter les fleuves! Si je pouvais faire aussi que l'eau soit chère! Je vous vendrais de l'eau. Que d'argent perdu dans ce fleuve où tout le monde peut puiser librement. »

vendredi 23 avril 2010

CCR, Cosmo's Factory (1970)

Acheté en centre ville de Toulon en été 70 je suis remonté à pinces jusqu'au Cap Brun écouter mes galettes : Iron Butterfly, Black Sabbath et le dernier Creedence. A l'école des transmetteurs passerelles de la Marine Nationale, l'abus excessif de ses trois derniers albums et l'oubli des couleurs (desendre solennellement le drapeau français au coucher du soleil) m'a coûté deux semaines de consigne.
Cosmo's Factory est le cinquième album sorti par Creedence Clearwater Revival, un groupe américain à la durée de vie relativement courte (1968–1972), mais incroyablement prolifique qui mélange Country, Blues et Rock’n’roll. Emmené par les frères Fogerty CCR a enregistré sept albums studio en moins de cinq ans. De tous, Cosmo’s Factory fut le plus populaire et celui à conseiller à quelqu’un qui souhaiterait découvrir le groupe puisqu’il le présente à son meilleur niveau et dans toute sa diversité.

jeudi 22 avril 2010

Doors, Absolutely Live

Réédition de cet album de 1970 qui rste le meilleur document disponible sur les concerts des Doors, à une époque où la vidéo n'était pas encore répandue. Tantôt rapides et directes (comme les tubesques "Touch Me", "People Are Strange" et "Hello, I Love You"), tantôt longues et sinueuses (comme les improvisations sans limites sur "When The Music's Over" et "The Celebration Of The Lizard"), les compositions de Morrison et sa bande montrent l'étendue de leur puissance à la fois comme musiciens et meneurs de foule, en continuant à briser toutes les conventions soniques et thématiques.

mercredi 21 avril 2010

Françoise Hardy

Le premier Noël dont je me souvienne fut celui de 1962. Je venais de fêter mes dix ans une quinzaine de jours plus tôt et sur la table de la salle à manger trônait un électrophone chiné gris, des bandes dessinées, deux encyclopédies hachette qui ont nourries mon imaginaire pendant de nombreuses années et très certainement plusieurs disques dont je ne garde en mémoire qu’un seul titre.

lundi 19 avril 2010

Jean Giono, Le bonheur fou (1957)

Le Bonheur fou, c'est celui qu'éprouve Angélo Pardi, le héros du Hussard sur le toit, à faire la révolution italienne en 1948. Angélo se promène à travers la révolution comme il se promenait naguère à travers le choléra de Provence. La guerre lui procure les sentiments les plus délicieux (...) Des amours très brèves, de longues marches à pied ou à cheval, d'innombrables rencontres avec une foule de personnages d'une extraordinaire vérité, sont les évènements de ce roman aux dimensions tolstoïennes, écrit dans la langue la plus rapide au monde. "En 1820, des insurrections éclatent au Piémont. L’officier qu’est Bondino comprend très vite que, la tentative révolutionnaire étant vouée à l'échec, négocier contre de l'argent la reddition d'une ville est plus avantageux que se battre. Après cet exploit, il ne lui reste plus qu'à s'enfuir en France avec les autres chefs de la rébellion. Sa carrière commence. Grâce à Dieu, il n'est pas nécessaire, pour faire fortune, d'avoir des villes à sa disposition ; il y a d'autres choses qui ne coûtent rien et qui peuvent se vendre comme des petits pains. Par exemple l'espoir. En 1847, Bondino est à la tête d'une organisation relativement puissante qu'il a baptisée « Armée », et qui a pour but de libérer l'Italie. En 1848, il entre confortablement à Milan d'où le roi de Sardaigne, qui s'est lui aussi découvert une vocation de libérateur, vient à point nommé de chasser les Autrichiens. Peut-être après tout que ce profiteur a bien travaillé. Mais il est encore trop tôt pour en juger. Milan n'est qu'un hors-d'œuvre. La clé du pays, c'est Mantoue. Chassez-en les Autrichiens, ils n'ont plus qu'à se retirer derrière leurs montagnes." "Après le récit de l'ascension non pas foudroyante mais sûre de Bondino, le roman, sans changer de ton change radicalement de point de vue. Il s'agit de montrer comment Mantoue ne fut pas prise. Il s'agit de le montrer sur te terrain. Pour ce faire, on accompagner Angelo Pardi, le héros du ‘’Hussard sur le toit’’ sur lequel Bondino et ses partisans cherchent de toutes les manières à mettre le grappin. Ils tiennent déjà son frère de lait, celui qui ne réussit pas tout à fait à être son alter ego. Inutile de dire qu'Angelo déjoue presque sans y prendre garde les plus subtils calculs. Tant que durent la révolution et la guerre, il se promène au milieu des intrigues et des balles avec une souveraine aisance. Les seules concessions auxquelles il ne se refuse pas sont les chemins détournés et un minimum de méfiance. D'ailleurs, ce ne sont pas des condescendances, mais son plaisir. Il n'aime ni l'hypocrisie ni l'incompétence. Il n'accepte de collaborer qu'avec un petit bonhomme rond, Lecca, qui fut général sous Napoléon et qui, tout en faisant la part de la politique, sait se battre, étant apparemment le seul. À Milan, Angelo et lui trouvent une foule qui se défoule, pendant que les chefs se répartissent la peau de l'ours. Retranchés derrière les épaisses murailles du château, les Autrichiens n'auraient, si nos deux compères ne s'en mêlaient, qu'à laisser passer l'orage. Ils connaissent leur métier. Leurs généraux ont quatre-vingts ans, leur armée trois cents. Ils sont lents, mais solides. On ne les vaincra pas d'un coup de baguette magique. Donc on ne les vaincra pas. Dégoûtés, Lecca et Angelo ont réuni une petite escouade, avec laquelle ils voudraient s'amuser à porter à l'ennemi quelques rudes coups. Mais à eux seuls ils sont impuissants devant l'énorme organisation autrichienne. Quand Angelo arrive sur le champ de bataille, il a beau parcourir les rangs piémontais, il ne voit que des hommes sans chefs, décontenancés et sur le point d'être submergés. Bientôt tout est consommé. Angelo a alors un dernier geste : il rentre à Turin, provoque son frère de lait, Giuseppe, qui fait partie des « politiques » Ce roman, dernière composante du cycle d’Angelo, a des dimensions tolstoïennes. Habilement, à la fin, Giono laisse le lecteur dans l'incertitude. Ce duel final est la conclusion logique, rigoureuse du roman. En plus solennel, il exprime très précisément ce qu'une gifle exprimerait. Un profond mépris, lié à une fierté toujours sur le qui-vive. Le mépris se porte sur Bondino dont l’excellent portrait est riche d'une dureté qu'une malice souriante rend de bonne compagnie. Et sur Giuseppe qui est pour Giono une figure du militant communiste. Au contraire, Angelo est le type même du héros, dans toutes tes acceptions du terme : à la fois celui qui se distingue à la guerre et le grand homme, l'homme merveilleux qu'on est tenté de diviniser. C’est un aristocrate chez qui le souci de ne pas déroger est essentiel. Il reproche aux Bondino, et aux êtres humains en général, non pas le bien qu'ils ne font pas, mais la médiocrité de leurs désirs. À leur bien-être il oppose orgueilleusement son « bonheur fou », belle idée qu’il met en pratique avec une virtuosité superbe. Il l’éprouve à faire la révolution en 1848, à s’y promener comme il se promenait naguère à travers le choléra de Provence. Il goûte les sentiments les plus délicieux en faisant de longues marches à pied ou à cheval, d'innombrables rencontres avec une foule de personnages d'une extraordinaire vérité, en connaissant de très brèves amours. Dans un monde où la fin justifie n'importe quel moyen, il est le dernier chantre d'un idéal de pureté auquel, on le sent très nettement, Giono ne croyait plus." "La folie d’Angelo se réduit un peu trop à la volupté de marcher sur une corde raide. Ce jeu reste assez artificiel, et on a le droit de juger mal fondée l'insolence du funambule. Cependant, ses exploits ne sont jamais monotones. Êtres, paysages et situations défilent, caractérisés en quelques lignes à la fois fluides et richement nourries. Les pages s'accumulent, épaisses, et cependant toujours également alertes, si bien qu'à la cinq centième le lecteur n'a pas vu faiblir son plaisir. Ce livre est aussi un bonheur fou d'écriture."

samedi 17 avril 2010

Adèle Blanc-Sec le film.

(...) il règne dans ce blockbuster à la française une fantaisie plutôt rassérénante, portée par une actrice qui s'affirme de film en film et qui a ici la gouaille requise (et le charme, appelez-la Adèle Blanc-Sexe). Luc Besson étant un garçon poli, il régurgite tout ce qu'il a consommé (et il consomme beaucoup) : dans son Adèle, il y a un peu de La Momie - mais sans doute y avait-il déjà un peu du Cinquième Elément dans la Momie en question -, une louche des Brigades du Tigre, quelque chose d'Une nuit au musée, une lichette d'Amélie Poulain et, s'il y a un album auquel peut penser en voyant le film un bédéphile béotien, c'est bien Les Sept Boules de cristal. Ah, ce n'est pas de Tardi ? L'histoire est assez extravagante, à l'image des motivations d'Adèle, qui cherche à ressusciter une momie égyptienne pour soigner sa soeur blessée lors d'une partie de tennis (si cela ne vient pas de Tardi, alors je parierais volontiers que dans l'esprit syncrétique de Luc Besson, les soeurs Willams ont dû passer par là...). La résurrection en question passe d'abord par l'éclosion d'un oeuf de ptérodactyle, lequel vient déranger d'un large battement d'aile une France courtelinesque : flic goinfre (Gilles Lellouche, pas mal en ancêtre de Bérurier), Tartarin à la petite semaine (Jean-Paul Rouve, plus classique), président débonnaire et guillotineur maladroit. Les méchants sont très méchants : la présence de Mathieu Amalric, ultra-grimé (Scaphandre et papillon sur pattes) emmène assez haut le prologue, au point qu'on regrette qu'il disparaisse aussi vite. Mais reste l'idée, pour certains personnages, d'un sur-maquillage grotesque, qui fonctionne assez bien. Ce qui marche, c'est l'humour global de la chose. On aime, par exemple, que miss Bourgoin multiplie les déguisements pour délivrer le savant qui pourra l'aider - la voilà tour à tour cuisinière bouffie, infirmière, avocat à moustache, geôlier un peu hagard. On aime plus généralement l'insolence calculée dont elle fait preuve, la vie, le relief, qu'elle apporte à cet univers un peu sous cloche (beaux décors et images de synthèse ici et là). D'une certaine façon, il est bien qu'elle ait son franc-parler, cette jeune actrice-là, une drôle de façon de surjouer avec naturel. On aime aussi qu'elle sorte précipitamment de son bain, mais c'est une autre histoire. Il y a un bémol, tout de même : je continue de penser qu'un dialoguiste malin, à l'écriture un peu moins familière que celle de Luc Besson, aurait pu apporter un cachet supplémentaire à l'ensemble, quelque chose d'un peu plus savoureux. Je ne suis pas fan de la résurrection finale de Ramsès II et de sa cour, ni de la façon dont ils s'expriment. On sait que, pendant le tournage de La Terre des pharaons, Howard Hawks et William Faulkner s'étaient colletés à cette essentielle question : comment faire parler un pharaon ? Confronté au même problème, Luc Besson s'en sort moins bien. Peut-être parce qu'il n'est pas Hawks, sûrement parce qu'il n'a pas Faulkner sous la main. Aurélien Ferenczi, Télérama

vendredi 16 avril 2010

Beau comme un Malevitch

Malevitch : Carré blanc sur fond blanc (1918)
Ah le Double blanc des Beatles. 50 ans après, une pochette belle comme une œuvre de Malevitch qui se bonifie avec le temps en virant blanc cassé. Pire. A force d’une écoute assidue la circonférence des disques se dessine sur la pochette comme le christ sur le saint suaire à Milan. J’ai même cru y voir le visage des quatre gars de Liverpool. C’est vous dire à quel point d’adulation mystique j’étais.
The Beatles, double blanc (1968)
Exploré en long et en large depuis Revolver jusqu'à Magical Mystery Tour, le psychédélisme laisse place à un retour vers le rock 'n' roll, des arrangements plus simples et des textes moins philosophiques. Les guitares acoustiques sont ainsi souvent préférées aux sonorités complexes de Sgt. Pepper, puisque c'est sur cet instrument qu'ont été écrites la plupart des chansons, durant le séjour du groupe au nord de l'Inde, à Rishikesh dans l'ashram du Maharishi Mahesh Yogi.
Paul McCartney s'affiche en brillant touche à tout, abordant une large palette de genres musicaux, George Harrison affirme ses talents d'auteur-compositeur, tandis que John Lennon va de plus en plus loin dans l'introspection, fait parfois dans la dérision, se montre aussi iconoclaste ou mordant, et surtout, chante son amour pour sa nouvelle âme sœur, Yoko Ono.
Malgré de nombreuses difficultés, dues à une mésentente croissante au sein du groupe durant sa réalisation, la formule de cet album double fonctionne, puisque le succès du disque est colossal.
L’été 1969 fut chaud dans une grange aménagée à Servian dans l’Hérault, à écouter, danser et draguer sur ce double blanc à déguste, bien entendu, sans modération.

mercredi 14 avril 2010

Adèle Blanc-Sec

In-A-Gadda-Da-Vida, Iron Butterfly (1968)

.
En 1968, sort l'album in-A-Gadda-Da-Vida d'Iron Butterfly. Ce premier album se vendit à 100 000 exemplaires en France ce qui est reste un exploit à l'époque ou l'industrie du disque dans l'hexagone flotte sur la vague Yé-yé. Pourquoi un tel succès ? Tout simplement grâce au plus gros tube de l'histoire de la musique à ce jour, In-A-Gadda-Da-Vida qui fait plus de 17 minutes avec Une sorte de riff répété avec guitare isolée à gauche et le reste à droite. Solo de wha-wha, claviers, rythme hypnotisant de la batterie et la voix de Doug Ingle. Je ne sais pas pourquoi je n’ai fait l’acquisition que du single raccourcie outrageusement à 3 mn. Rupture de stock chez mon fournisseur du marché Edouard Vaillant : « Un acheté, trois volés ». C’est à Toulon, deux ans plus tard, que je l’ai acheté avec Cosmos Factory de Creedence Clearwater Revival et Paranoïd de Black Sabbath. L’été fut chaud au foyer de l’école des transmetteurs passerelles au fort du Cap Brun. D’ailleurs, de service la semaine suivante, donc privé de sortie par la même occasion, je me saturais la tête tout mon dimanche avec mes disques au point d’en oublier d’aller descendre et plier les couleurs à 20h. L’officier de service lui ne m’oublia pas. Je restais consigné deux semaines, mes ailes de papillon déchiquetées contre les barreaux de ma prison.

mardi 13 avril 2010

A méditer

L'emploi du pronom indéfini...
« Il était une fois quatre individus qu'on appelait Tout le monde - Quelqu'un - Chacun - et Personne.. Il y avait un important travail à faire, et on a demandé à Tout le monde de le faire. Tout le monde était persuadé que Quelqu'un le ferait. Chacun pouvait l'avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit. Quelqu'un se fâcha car c'était le travail de Tout le monde ! Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire. Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait... En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire."
"Sans vouloir le reprocher à Tout le monde, Il serait bon que Chacun fasse ce qu'il doit sans nourrir l'espoir que quelqu'un le fera à sa place... Car l'expérience montre que là où on attend quelqu'un, Généralement on ne trouve personne !" "Je vais donc transférer ce message à tout le monde afin que chacun puisse l'envoyer à quelqu'un sans oublier personne..."

lundi 12 avril 2010

Soyez acteur de la biodiversité du Nord-Est parisien

Les habitants du Nord-Est parisien sont invités à une réunion participative, le jeudi 15 avril à 19h, à la Péniche de l'Eau (19e). Trente volontaires seront recrutés pour observer la biodiversité des abords des canaux et participer ainsi à l’élaboration d’un Plan visant à préserver et développer la richesse de la nature du quartier. Venez nombreux, cet atelier est ouvert à tous. 2010 est l'année internationale de la biodiversité et Paris lance un plan d'actions visant à renforcer et préserver la richesse du patrimoine naturel parisien. Tous les acteurs du territoire (élus, habitants, scientifiques, militants associatifs, entreprises...) sont invités à participer à cette réflexion. La rédaction d'un livre blanc servira de base à l’élaboration d’un Plan Biodiversité . Quatre sites pilotes ont été retenus pour des « ateliers citoyens » avec pour objectif d’élaborer des propositions concrètes en vue de développer la biodiversité sur ces sites. Il s’agit du quartier du Père Lachaise dans les 11e et 20e arrondissements, le quartier du Bois de Vincennes-Bercy Charenton dans le 12e, les berges de la Seine du Bois de Boulogne dans le 16e et enfin le quartier des canaux dans le 19e arrondissement.
La première réunion d'information se tiendra sur le site des canaux le jeudi 15 avril à 19h, à la Péniche de l’Eau, au rond point des canaux (débouché de la rue de l’Argonne sur le quai de l’Oise, métro Corentin Cariou). Cette réunion, en présence de Fabienne Giboudeaux, Adjointe au Maire en charge des Espaces verts, permettra de "recruter" 30 volontaires habitants du Nord-Est parisien pour participer à cet atelier citoyen. Deux visites sur site seront organisées les 8 mai et 5 juin après-midi, permettant d'échanger avec des professionnels et d'observer la richesse de la biodiversité urbaine sur cette partie du territoire parisien. Elles seront suivies d’un atelier le 10 juin à 18h00 pour rédiger des préconisations issues des observations de terrain, préconisations qui seront intégrées dans le livre blanc de la biodiversité.

dimanche 11 avril 2010

Donny Hathaway

Donny Hathaway fait parti des soul men les plus estimés, au même titre que Stevie Wonder, Sam Cooke, Marvin Gaye…. Décédé le 13 janvier 1979 à 33ans il nous a laissé une œuvre magnifique aux frontières du gospel, de la soul, du jazz et de la pop. RHINO France propose le premier coffret consacré à cet artiste. Outre les quatre albums retraçant sa carrière solo, il comprend également une biographie écrite par Joachim Bertrand (Jazz Magazine) et des notes de pochettes écrites par Frédéric Goaty (Jazz Magazine) ainsi que de nombreuses photos & documents d'archives. Ce coffret comporte également 5 titres inédits et 2 live inédits.
"Merci au lecteur qui a corrigé quelques approximations et fournit le lien en anglais sur Donny Hathaway".

samedi 10 avril 2010

Dennis Hopper photographe

Pendant les années 60, Dennis Hopper ne se séparait jamais de son appareil photo qu’il emportait aussi bien sur les plateaux ou lieux de tournage que dans les soirées, les bars, les cafés, les galeries, sur la route ou encore dans les manifestations politiques. Il a photographié des vedettes de cinéma, des pop stars, des artistes, des écrivains, ses petites amies aussi bien que de parfaits inconnus. Au fil du temps, avec beaucoup de perspicacité et d’intuition, il a su saisir quelques-uns des moments les plus fascinants de sa génération. Ses photographies se regardent comme un film, un récit poignant qui s’exprime à travers une série d’images épurées, des premiers clichés de corrida à Tijuana, aux happenings de Los Angeles en passant par de simples scènes de rue. Toutes font preuve d’une liberté expérimentale que l’on retrouvera par la suite dans l’étonnant univers visuel d’Easy Rider et d’autres films.
Seul "hic" mais de taille le prix de 500 euros pour cette édition de collection limitée à 1500 exemplaires signés par Dennis Hopper. En attendant une édition française et économique.

vendredi 9 avril 2010

Isabelle & Victor

Victor et une conquête
Après une morne vie en captivité dans l’étable, question de leur apprendre à vivre, et deux hivers des plus rigoureux, les jeunes génisses ont enfin mis le sabot dehors en direction des verts pâturages. C’est le cas pour Isabelle, ma filleule, née en mai 2008, de pouvoir enfin gambader dans la nature et profiter des premiers rayons du soleil printanier avec ses innocentes copines d’enclos.
Rappelons toutefois les faits : Un soir de bal, Martine Rezeda et Monique Mimosa ont échappé à la vigilance de leurs copines et se sont fait engrosser sur le parking par le gros Raoul de Tigoulet. De cette malencontreuse union est nés le 11 mai 2008 la petite Isabelle et le petit Christian. Les mamans et les petits se portaient comme un charme jusqu’à l’arrivée de Bernard, le propriétaire de la laiterie à La Charse, Creuse, prévenu par mes soins de la mise à bas. Bernard constatait alors que le pauv’ mioche ratatiné et transi de froid n’était qu’un mâle. Le verdict est tombé : le Christian à la boucherie. On rigole pas à la campagne. Sur la planète, en général, il vaut mieux être un garçon. Rien de misogyne là-dedans seulement une douloureuse constatation. Chez les bovins il vaut mieux naître fille. Ni putes, ni soumises, certes, mais génisses et laitières, tel sera leur destin.
Isabelle Leveau née le 11 mai 2008
Nous est donc restée l’aînée qui vient d’être libérée après deux ans d’incarcération à Flairer Monrégis. Mais dans un monde qui va du mâle au pis, une vache qui rit ce jour demain pleurera. Car elles ne sont pas seules les bougresses à brouter en veux-tu en voilà.
Elles sont sous la bonne garde du Victor. Et il a l’œil, le Victor. Victor est un reproducteur en fin de vie habillé en peau de canapé Roche Bobois. Encore trois ans à tirer ses dernières cartouches et c’est l’équarrisseur. La boucherie et le canapé. Mais il ne le sait pas encore le Victor. Alors pour l’instant il fait le cakouze à rouler des mécaniques autour des gonzesses sur le parking comme le gros Raoul de Tigoulet. Je l’ai même vu inviter une fille à danser. Et la fille, ben, elle roule du cul avec l'oeil blanc… Faut que je prévienne immédiatement Isabelle que le gros dégueulasse rôde dans les parages et que je refuse d'adopter les mioches.

mercredi 7 avril 2010

Emmerdement durable !

Dans ma boite où que je travaille, dans le cadre de la semaine du Développement durable, ils ont décidé de réduire notre empreinte environnementale. Du coup, le premier avril, on s’est retrouvé tous avec des paires de patins en feutre distribués à l’entrée par le gardien. Sans entraînement, on s’est tous mis au ski de fond pour pas salir le linoléum. Un beau bordel.
De plus, pour l’occasion, de nombreuses nouvelles actions ont été mises en place pour limiter notre consommation en énergie, en eau, en papier, afin de mieux gérer nos déchets.
Avec nos patins, gérer notre énergie, ça été vite vu. Pour le reste, on y travaille tous derechef. Tenez, par exemple, depuis plusieurs mois, dans les toilettes du rez-de-chaussée, un urinoir sur les deux est en maintenance. Il est parti un matin et n’est plus jamais revenu. A sa place il y a une plaque commémorative qui tire les larmes aux plus sensibles : « Maintenance » On a cru que c’était une affaire de quelques jours, maintenant on n'y crois plus. A tous les coups ils ont dû le faire piquer mais on n'en a jamais rien su. De toute façon je vous avais déjà expliqué que deux urinoirs côte à côte trouvaient rarement preneurs en même temps. « Urinoir occupé, voisin abandonné ! » C’est la règle. Pas question de tailler la bavette ou de s’évaluer la virilité pendant la pause pipi. Pas ce ça chez nous ! Donc avec un urinoir pour soixante dix faut savoir jouer des coudes ou se magner fissa pour aller s’enfermer dans les water-closets dès le matin avec tout son barda pour la journée.
Mais maintenant avec la semaine du développement durable, tout le monde se retient. Déjà avec le cul en arrière comme des pintades sur nos patins, l’envie de pisser, voire plus, ça nous donne des démarches un peu bizarres dans les couloirs. On glousse, on glougloute, on fanfaronne pour donner le change, mais ça ne marche pas toujours. Autant dire jamais. Les chasseurs nous regardent bizarre. Donc plus personne n’ose se rendre aux toilettes de peur d’être montré du doigt et mit à l’index. Plus personne ne boit. Personne ne mange. Pas de pipi. Pas de caca. Pas de papier. Pas d’eau. Ça c’est du développement durable ou je ne m’y connais pas. En tout cas, ça nous fait gagner du temps pour travailler plus avec de moins en moins de personnel durable.
"Néanmoins, stipule la Direction de la communication, des efforts restent à faire." C’est pour cela que dans le cadre de négociations salariales avec les partenaires sociaux, Elle a décidé d’appliquer unilatéralement une augmentation salariale de 0,5% pour 2010 alors que l’indice du coût de la vie est de 1,5%. Après les pintades, paon dans notre gueule.
Sensibiliser les collaborateurs sur les bons gestes à adopter afin de mieux gérer nos déchets portatifs ? J’ai comme qui dirait une idée. Les déposer sur le palier de la direction et en badigeonner les portes, voire la gueule du DRH pendant qu’on y est. Ce sera toujours bon pour sa peau et son empreinte environnementale.

mardi 6 avril 2010

Paul Auster, Invisible

"New York, 1967: un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice. Superbe variation sur "l'ère du soupçon", Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées. Le vertigineux kaléidoscope du roman met en perspective changeante les séductions multiformes d'un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer.On se délecte des tribulations du jeune Américain naïf et idéaliste confronté au secret et aux interdits, tout autant qu'on admire l'exercice de haute voltige qu'accomplit ce très singulier roman de formation. Au sommet de son art narratif, Paul Auster interroge les ressorts mêmes de la fiction, au fil d'une fascinante réflexion sur le thème de la disparition et de la fuite." "Paul Auster brouille les cartes à une allure vertigineuse. Si bien que quiconque entre dans Invisible, son treizième roman, risque fort de ne plus pouvoir le lâcher. Moins d'ailleurs pour des raisons réellement littéraires que pour la manière dont le livre est conçu : de chapitre en chapitre, le doute s'épaissit, les points de vue s'inversent, la construction est telle qu'il faut aller au bout pour en avoir le cœur net. "
Paul Auster, Invisible actes Sud.

dimanche 4 avril 2010

Bach :Variations Goldberg, Andreas Staier

Comme le suggère Andreas Staier, dans l'entretien filmé qui complète son enregistrement, les Variations Goldberg ont constitué pour Bach une revanche sur une carrière professionnelle qui, dans la cité universitaire de Leipzig comme à la petite cour provinciale de Köthen, lui refusait les satisfactions et la reconnaissance espérées. Vers 1740, il se lance donc le défi fou de cette heure un quart de musique, s'impose ce tour de force herculéen, qui doit prouver ce qu'il est capable de réaliser et que personne d'autre que lui ne peut accomplir. ?L'hypothèse d'Andreas Staier est infiniment plus plausible que la légende romancée qui a donné son titre raccourci à l'oeuvre: un ambassadeur insomniaque, occupant ses nuits blanches à se faire jouer par l'apprenti claveciniste Gottlieb Goldberg, ­élève du Cantor, les trente variations en boucle. Les prouesses techniques qui attendent l'exécutant excluent d'emblée un novice. La maîtrise d'Andreas Staier à triompher de ces embûches est d'autant plus jubilatoire qu'il touche un ­magnifique clavecin, à deux ­claviers comme l'exige Bach, d'une pro­fusion de couleurs, d'une opulence d'harmoniques qui évoquent les registrations fastueuses de l'orgue. Les Goldberg s'épanouissent, telle une Brocéliande foisonnante, où la tranquille sarabande initiale se métamorphose inépui­sablement, des mains de l'enchanteur Merlin à celles de la fée Viviane." Gilles Macassar. Telerama n° 3137 - 27 février 2010